Arbitrage assurance vie 2026 : frais, fiscalité, seuils et automatisation 0,13 % frais moyens · 0 € d’IR immédiat · 2 500 € / 20 % · 30 000 € / 25 %
Assurance vie · Arbitrage 2026

Arbitrage assurance vie 2026 : déplacer son épargne sans sortir du contrat

Un arbitrage consiste à désinvestir tout ou partie d’un support pour réinvestir sur un autre à l’intérieur d’une assurance vie multisupport. Il peut s’effectuer entre unités de compte ou entre fonds en euros et UC selon les supports du contrat. Comme il ne s’agit pas d’un rachat, l’arbitrage ne déclenche pas à lui seul l’impôt sur le revenu. En 2025, l’OPEF mesure des frais d’arbitrage moyens de 0,13 % du montant arbitré en gestion libre.

1. Arbitrage : vendre un support pour en acheter un autre dans la même assurance vie

L’AMF définit l’arbitrage comme un changement de répartition des investissements entre les supports du contrat. L’OPEF précise qu’il peut s’agir de désinvestir puis réinvestir tout ou partie de l’épargne entre unités de compte ou entre le fonds en euros et une ou plusieurs UC.

OpérationL’argent sort du contrat ?Contrat clôturé ?Fiscalité immédiate
ArbitrageNonNonPas d’IR déclenché par l’opération seule
Rachat partielOui, en partieNonPart de gains du retrait imposable
Rachat totalOui, totalementOuiGains compris dans la valeur retirée imposables
Nouveau versementArgent entrantNonPas d’IR sur le versement lui-même

À retenir : arbitrer ne signifie pas retirer. Le contrat reste ouvert et conserve son ancienneté fiscale.

2. Exemple : passer d’une allocation 70/30 à 50/50

Sur un contrat valorisé 100 000 €, supposons une répartition de 70 000 € en fonds euros et 30 000 € en unités de compte. Un arbitrage de 20 000 € du fonds euros vers les UC conduit, hors variation de marché et frais, à une allocation de 50 000 € / 50 000 €.

ÉtapeFonds eurosUnités de compteTotal
Avant arbitrage70 000 €30 000 €100 000 €
Montant arbitré-20 000 €+20 000 €0 € de sortie
Après arbitrage50 000 €50 000 €100 000 €
Nouvelle répartition50 %50 %100 %

L’opération modifie le risque : la part non garantie passe ici de 30 % à 50 %. Un arbitrage n’est donc jamais neutre économiquement, même lorsqu’il n’entraîne pas de retrait fiscal.

3. Frais moyens 2025 : 0,13 % du montant arbitré en gestion libre

Le rapport OPEF 2026, à partir de données ACPR, chiffre les frais d’arbitrage moyens de l’assurance vie à 0,13 % du montant total arbitré en 2025 en gestion libre, contre 0,14 % en 2024. Pour les autres modes de gestion — pilotée, profilée, déléguée ou sous mandat — la moyenne ressort à 0,00 %, les arbitrages étant généralement intégrés dans la gestion globale.

Montant arbitréCoût à 0,13 %Coût à 0,50 %Coût à 1 %
10 000 €13 €50 €100 €
20 000 €26 €100 €200 €
50 000 €65 €250 €500 €
100 000 €130 €500 €1 000 €

Les colonnes à 0,50 % et 1 % sont des illustrations mathématiques, pas des moyennes de marché. Le tarif réel figure dans la notice et les conditions du contrat.

4. Fiscalité : arbitrage ≠ rachat, donc pas d’impôt sur le revenu immédiat

L’AMF rappelle que les gains d’une assurance vie sont imposés à l’impôt sur le revenu lorsqu’un retrait est effectué. Un arbitrage restant à l’intérieur du contrat, il ne réalise pas un rachat fiscal. Vous pouvez donc passer d’une UC à une autre ou d’une UC vers le fonds euros sans déclencher à ce seul titre l’imposition des gains à l’impôt sur le revenu.

0 €d’impôt sur le revenu déclenché par le seul fait d’un arbitrage interne
8 ansancienneté fiscale du contrat conservée après arbitrage
1 contratl’argent reste dans la même enveloppe juridique et fiscale

Les règles fiscales deviennent pertinentes lors d’un rachat. Le dossier « rachat assurance vie » détaille alors la part de gains imposable, les 8 ans et les abattements de 4 600 € / 9 200 €.

5. Arbitrage significatif : 2 500 € + 20 % sous 100 000 € d’encours

L’article A.522-2 du Code des assurances définit certaines opérations susceptibles d’affecter significativement le contrat dans le cadre du devoir de conseil dans la durée. Pour un contrat dont l’encours est strictement inférieur à 100 000 €, un versement, rachat ou arbitrage est significatif lorsqu’il est à la fois supérieur ou égal à 2 500 € et à 20 % de l’encours.

50 000 €

d’encours : 20 % = 10 000 €, donc le double critère est atteint à partir de 10 000 €.

75 000 €

d’encours : 20 % = 15 000 €, donc seuil pratique de 15 000 €.

90 000 €

d’encours : 20 % = 18 000 €, donc seuil pratique de 18 000 €.

Il faut bien remplir les deux conditions : montant absolu d’au moins 2 500 € et part d’au moins 20 % de l’encours.

6. À partir de 100 000 € : 30 000 € + 25 % de l’encours

Pour un contrat dont l’encours est supérieur ou égal à 100 000 €, l’article A.522-2 retient un double seuil : opération d’au moins 30 000 € et représentant au moins 25 % de l’encours.

Encours du contrat25 % de l’encoursSeuil absoluMontant à partir duquel les 2 critères sont remplis
100 000 €25 000 €30 000 €30 000 €
120 000 €30 000 €30 000 €30 000 €
200 000 €50 000 €30 000 €50 000 €
500 000 €125 000 €30 000 €125 000 €

Ces seuils ne constituent pas une interdiction d’arbitrer. Ils servent à identifier certaines opérations importantes pour lesquelles les obligations de conseil et d’actualisation du profil prennent une importance particulière.

7. Les arbitrages programmés sont traités à part par le Code des assurances

L’article A.522-2 classe explicitement les arbitrages programmés parmi les opérations programmées. Les seuils de significativité de 2 500 € / 20 % et 30 000 € / 25 % ne s’appliquent pas aux opérations programmées dans le cadre prévu par cet article.

Selon les contrats, les options automatiques peuvent servir à rééquilibrer l’allocation, sécuriser progressivement une plus-value, investir progressivement une somme ou appliquer d’autres règles contractuelles. Leur disponibilité, leurs seuils de déclenchement et leurs frais doivent être vérifiés dans les conditions générales.

Important : un mécanisme automatique n’élimine pas le risque. Une règle de sécurisation ou de rééquilibrage peut réduire une exposition, mais peut aussi vendre ou acheter à un moment défavorable.

8. Arbitrage libre, automatique ou piloté : 3 modes à ne pas confondre

Le même mot « arbitrage » couvre des situations différentes. En gestion libre, vous décidez ponctuellement du transfert. Avec une option automatique, une règle prédéfinie déclenche l’opération. En gestion pilotée ou sous mandat, le professionnel réalise les arbitrages dans le cadre de la mission confiée.

Libre

vous choisissez le support de départ, le support d’arrivée et le montant.

Automatique

une règle contractuelle déclenche l’opération sans décision manuelle à chaque fois.

Piloté

le gestionnaire arbitre dans les limites du profil ou du mandat.

L’OPEF constate en 2025 que les arbitrages hors gestion libre ne donnent pas lieu à une facturation spécifique moyenne en assurance vie, mais cela ne signifie pas que la gestion est gratuite : les frais annuels du mode de gestion restent à comparer.

9. Risque : arbitrer peut augmenter fortement la part non garantie

Arbitrer vers des unités de compte transfère du capital vers des supports dont la valeur peut baisser. L’AMF recommande de consulter le Document d’informations clés et rappelle que, hors fonds euros, la plupart des UC ne garantissent pas le capital.

Exemple : un contrat de 200 000 € composé à 80 % de fonds euros et 20 % d’UC contient 40 000 € d’UC. Après un arbitrage de 80 000 € du fonds euros vers les UC, l’exposition passe à 120 000 €, soit 60 % du contrat. Une baisse de 20 % de cette poche représenterait alors, toutes choses égales par ailleurs, 24 000 € de moins-value sur les UC.

Allocation sur 200 000 €Avant arbitrageAprès arbitrageEffet d’une baisse de 20 % des UC
Fonds euros160 000 €80 000 €Capital du fonds euros non concerné par cette simulation
Unités de compte40 000 €120 000 €-24 000 €
Part des UC20 %60 %Exposition multipliée par 3
Valeur théorique après choc—200 000 €176 000 €

Ce calcul ne constitue pas une prévision : il montre simplement pourquoi le niveau de risque doit être recalculé après une modification importante d’allocation.

10. Les 8 contrôles à faire avant un arbitrage

  1. Identifier précisément le support vendu et le support acheté.
  2. Vérifier les frais d’arbitrage du contrat et leur mode de calcul.
  3. Contrôler les frais courants du nouveau support.
  4. Lire son DIC, son niveau de risque et son horizon recommandé.
  5. Calculer la nouvelle répartition après l’opération en euros et en pourcentage.
  6. Vérifier si l’opération franchit les seuils 2 500 € / 20 % ou 30 000 € / 25 %.
  7. Contrôler les délais de valorisation propres aux supports, notamment pour les actifs moins liquides.
  8. Conserver l’avis d’opération et vérifier que l’arbitrage exécuté correspond bien à la demande.

Le coût d’un arbitrage ne se résume pas à la commission affichée : un changement de support modifie aussi le risque, les frais futurs, la liquidité et la performance potentielle de l’allocation.

Sources officielles et méthode de vérification 2026

Les définitions, moyennes de frais et seuils réglementaires ont été contrôlés sur des sources officielles disponibles en septembre 2026. Les exemples chiffrés sont des calculs pédagogiques construits à partir de ces règles.

Les supports éligibles, frais, montants minimums, délais d’exécution et options automatiques varient selon les contrats. Cette page est informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé.

Un arbitrage gratuit peut quand même modifier fortement le risque

Comparez les frais du contrat, les supports disponibles, les coûts des UC et les options de gestion avant de choisir une assurance vie.

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FAQ arbitrage assurance vie 2026 : frais, impôt et seuils

10 réponses chiffrées sur les frais de 0,13 %, l’absence d’imposition immédiate et les seuils 2 500 €/20 % et 30 000 €/25 %.

L’arbitrage est un transfert interne entre les supports d’une assurance vie multisupport. Vous désinvestissez tout ou partie d’un support pour réinvestir sur un autre sans sortir l’argent du contrat. Il peut s’effectuer entre unités de compte ou entre fonds euros et unités de compte selon les supports disponibles.

Non, pas à lui seul. L’arbitrage ne constitue pas un rachat : l’argent reste dans la même assurance vie. L’AMF rappelle que l’impôt sur le revenu intervient lors d’un retrait. L’ancienneté fiscale du contrat est donc conservée après un arbitrage. Les règles fiscales du rachat deviennent pertinentes seulement lorsqu’une somme sort réellement du contrat.

Le tarif dépend du contrat. Le rapport OPEF 2026 mesure pour l’année 2025 des frais moyens d’arbitrage de 0,13 % du montant arbitré en gestion libre, contre 0,14 % en 2024. À 0,13 %, arbitrer 10 000 € représente 13 €, 50 000 € représente 65 € et 100 000 € représente 130 €. Certains contrats peuvent prévoir un autre tarif ou des arbitrages gratuits.

Dans les données OPEF 2025, les frais d’arbitrage moyens de l’assurance vie ressortent à 0,00 % pour les modes autres que la gestion libre, c’est-à-dire gestion pilotée, profilée, déléguée ou sous mandat. Cela ne signifie pas que la gestion est gratuite : ses frais annuels de gestion restent à comparer séparément.

Pour les opérations visées par l’article A.522-2 du Code des assurances, un arbitrage sur un contrat de moins de 100 000 € est significatif s’il atteint à la fois 2 500 € et 20 % de l’encours. À partir de 100 000 € d’encours, il faut atteindre à la fois 30 000 € et 25 % de l’encours. Ces seuils servent au devoir de conseil et ne constituent pas une interdiction.

Pour un contrat dont l’encours est inférieur à 100 000 €, les deux conditions sont 2 500 € minimum et 20 % de l’encours. Sur 50 000 €, 20 % représentent 10 000 €. Il faut donc atteindre 10 000 € pour remplir simultanément les deux critères dans cet exemple.

À partir de 100 000 € d’encours, les deux conditions sont 30 000 € minimum et 25 % de l’encours. Sur 200 000 €, 25 % représentent 50 000 €. Le double critère est donc atteint à partir de 50 000 € dans cet exemple.

En arbitrage libre, vous décidez ponctuellement du support vendu, du support acheté et du montant. Un arbitrage automatique est déclenché par une règle prévue au contrat, par exemple un rééquilibrage ou une sécurisation. L’article A.522-2 classe les arbitrages programmés parmi les opérations programmées, qui sont traitées à part des seuils de significativité.

Oui si le contrat multisupport et ses conditions le permettent. L’OPEF définit l’arbitrage comme un désinvestissement puis un réinvestissement pouvant intervenir entre unités de compte ou entre fonds en euros et UC. Le passage vers les UC augmente toutefois la part de capital non garanti et doit être cohérent avec le niveau de risque accepté.

Il faut regarder davantage que les seuls frais d’arbitrage : nouvelle répartition, niveau de risque du support acheté, DIC, horizon recommandé, frais courants du support, liquidité et éventuels frais du contrat. Un arbitrage à 0 € peut malgré tout dégrader le profil de risque ou augmenter les frais futurs si le nouveau support est plus coûteux.

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